Le 05 avril 2008
PETITION A L'ATTENTION DE
MONSIEUR LE PREFET DE LOIRE ATLANTIQUE
Sommaire:
1. Objet
2. Signataires
3. Lettre au Préfet
4. Signatures
OBJET
L'objet de cette pétition est de protester contre les décisions administratives prises ces dernières semaines par les services de la préfecture, qui ont conduit directement ou indirectement à la fermeture de plusieurs établissements de nuit, dans le département de la Loire-Atlantique.
SIGNATAIRES
La présente pétition est à l'initiative de plusieurs clients des discothèques concernées.
Les signataires sont majoritairement des jeunes de 18 à 35 ans, qui fréquentent de manière habituelle ou non, les établissements de nuits. Certains sont bénévoles ou membres d'associations culturelles ou caritatives. D'autres sont tout simplement inquiets de voir fermer les unes après les autres les discothèques du département, et ainsi se voir réduire une partie de leurs libertés.
LETTRE AU PREFET
Monsieur Le Préfet,
Les décisions prises dernièrement par vos services, ayant pour conséquence la fermeture de plusieurs discothèques dans le département, ont provoqué un profond émoi chez les jeunes.
En tant que citoyens, nous comprenons parfaitement l'obligation de respecter les lois de la République. Obligation qui vaut également pour les dirigeants des établissements de nuit.
Nous comprenons votre rôle, qui est de faire respecter les lois de notre pays, et notamment d'encadrer, de modérer et d'empêcher tout excès dans les activités relatives aux loisirs nocturnes.
De la même manière, nous comprenons qu'il soit nécessaire de fermer sans délai un établissement pour des raisons sanitaires, ou lorsque la sécurité du public n'est pas garantie, ou bien encore lorsque des troubles à l'ordre public nuisent de manière manifeste et répétée à autrui.
Or, à moins que des éléments importants nous aient à tous échappés, il ne nous semble pas que les établissements objets des décisions administratives, se trouvent dans les cas extrêmes justifiant une fermeture pure et simple.
Car même si les discothèques en question ne font l'objet que d'une rétrogradation dans leurs horaires, ces limitations conduisent en définitive à une fermeture.
Nous protestons donc contre ces décisions, que nous trouvons excessives, disproportionnées, et contreproductives.
C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir considérer ce qui suit:
1. Les discothèques ont un rôle initiatique important pour l'accès à la vie en société. Elles ont pour vocation de rassembler et d'organiser les festivités recherchées par les jeunes. L'encadrement de ces festivités crée des conditions favorables pour un rapprochement social entre toutes les couches de la population, qui apprennent ainsi à se connaître dans des distractions partagées par le plus grand nombre, et dans un contexte pacifié.
2. Les discothèques sont le théâtre de manifestations culturelles ou caritatives dont les recettes permettent de financer des projets associatifs.
3. Les discothèques participent à l'activité économique du territoire. Au même titre que n'importe quelle autre entreprise. Leurs disparitions ont des conséquences évidentes en matière d'emploi ou en matière sociale, et à plus forte raison en zone rurale.
4. La raréfaction des discothèques, risque de provoquer frustration et ennui, avec tous les excès associés: consommation d'alcool accrue, sans aucun garde fou, des déplacements en voiture plus importants, développement de la délinquance... On obtient donc l'effet inverse de celui recherché,
5. Les problèmes de faits divers reprochés aux discothèques sont souvent le résultat de comportements isolés et irresponsables d'une minorité. Ces comportements ne doivent pas pénaliser la majorité. Ces comportements violents sont inévitables lorsqu'il y a rassemblement de personnes. Prenons l'exemple des matchs de football, qui sont pourtant largement encadrés par les forces de l'ordre. Par conséquent, demander aux dirigeants d'établissements de nuit d'éradiquer totalement la violence est illusoire. Les pénaliser sur ce point alors qu'ils mettent tout en oeuvre pour limiter la violence, n'est pas fair-play.
6. La responsabilisation à outrance des patrons de discothèque est une hypocrisie, puisqu'ils n'ont pas les moyens légaux de prendre leurs responsabilités. En France, il n'est pas interdit de consommer de l'alcool, ni de s'enivrer. Si une personne ivre décide de conduire en sortant de discothèque, le patron n'a que sa capacité de persuasion pour l'en dissuader. Il n'a pas le droit de la retenir contre son gré. Si des personnes ont potentiellement bues, et qu'elles risquent de provoquer un accident ou d'être contrôlées, positives, le patron est encore responsable. Que doit-il faire ? Appeler les forces de l'ordre à chaque fois ? Commercialement, c'est désastreux, et il risque en plus d'avoir des ennuis, car son établissement va être réputé comme étant à problème. En toute bonne foi, difficile de savoir quoi faire. Officiellement, quelle est la conduite à tenir ?
7. La profession dans son ensemble fait de grands efforts pour améliorer la protection du public, avec par exemple l'installation de dispositifs de vidéosurveillance, ou l'organisation d'opérations « capitaines de soirée », comme c'est le cas du Looksor. Ces initiatives positives méritent d'être encouragées.
8. Dans l'application du « Plan Alcool », les discothèques sont vos meilleures alliées. Elles sont en contact direct avec la population. Elles peuvent participer à une large concertation orchestrée par les services de l'État pour imaginer et mettre en place des règles de fonctionnement prenant en compte les problèmes de sécurité routière sur les retours des soirées. Pourquoi la Loire-Atlantique ne serait pas pilote en ce domaine ?
Ainsi, dans le respect des libertés individuelles, dont celles de la jeunesse, et considérant de plus que les discothèques n'ont pas pour vocation à générer des problèmes, mais à organiser et encadrer des festivités dansantes de qualité, nous vous demandons, Monsieur Le Préfet, de bien vouloir réexaminer ces affaires avec mesure et bienveillance,
Cette réconciliation avec les acteurs des loisirs nocturnes serait perçue comme un signe très positif en faveur de la jeunesse.
Nous souhaitons également que ce soit le point de départ d'une collaboration fructueuse et apaisée entre vos services et les responsables de la nuit, de façon à proposer des solutions innovantes permettant de concilier la santé publique, la sécurité routière et la diversité des loisirs festifs que nous revendiquons.
Merci de votre attention.
Signez la petition
Signer la petition